Avec « Y croyez-vous ? », qu'on peut qualifier de tube, le groupe interroge son public sur le sens de la vie. Rien que ça. « Quand on nous dit que la vie est belle / Qu'elle sera un jour éternelle / Que l'humanité est en progrès / Sincèrement y croyez-vous ? » Constat des Charlotte parfois : « Mais l'on s'accroche, comme tout le monde / On s'accroche ! » Et des sons angéliques d'orgue répondent aux plaintes désespérées du chanteur. Pour soutenir ce morceau phare, le disque contient un clip. Cela tombe bien car les cinq musiciens ont habitué leurs fans à des vidéos de qualité où des images choisies défilent en rythme sur leurs morceaux. Réalisé par Régine Boichat, celui-ci montre Patrick Fellay, Olivier Grandjean, Martial Germanier, Nicolas Bourban et Xavier Moillen qui se produisent en concert dans une atmosphère glaciale et aseptisée. Des images fortes se succèdent comme celle d'un mannequin féminin en plastique qu'on tente de reproduire en déversant à ses pieds l'eau d'un arrosoir, ou un poulet mort et déplumé tiré en laisse par une femme. C'est un étrange point de vue de notre société que revendique le groupe. Drôles les Charlotte Parfois, mais pas seulement.
Poétiques et comiques comme dans « Sévère vino » qui évoque les lendemains de soirées trop alcoolisées. « Y a des requins-marteaux qui dansent dans ma tête / J'ai des bouts de cerveau qui frappent à ma fenêtre » chante Patrick Fellay avec une interprétation de circonstance, spécialement nonchalante.
Ceux qui croyaient déjà à l'univers décalé de Charlotte Parfois devraient être satisfaits par cette « Komödie » à dominante francophone. Une surprise : la reprise d'un morceau en suisse allemand du défunt chansonnier bernois Mani Matter, qui s'éteignit au début des années septante. Cette chanson surprenante conclut le disque, comme pour justifier le titre en allemand.